APPLICATION
  
DEFINITION
  
EXECUTION
  
RESULTS
  
PROGRESS
  
RELATIONS
  
PROPOSAL
Agri-agencyOwn contribution executorOther partiesTotal requested budget
AgriterraANOPER
€ 0,00 + € 0,00€ 0,00€ 0,00€ 330.000,00
1) Contexte du projet
Le Nord-Bénin se caractérise par une population à plus de 90 % rurale et essentiellement composée d’éleveurs (selon le recensement de 1999, le cheptel bovin des deux départements du Borgou et de l'Alibori compte 57 % du cheptel national). L’élevage de bovin est traditionnel, extensif et semi-sédentaire. Il dépend dans une très large mesure de l'utilisation des ressources naturelles pour l'alimentation des animaux. L'extension du cheptel de même que l'augmentation importante des surfaces cultivées entraînent une concurrence accrue sur l’utilisation de l’espace et des ressources naturelles et des risques importants pour l'environnement.

Au cours des dernières années, les éleveurs de ruminants se sont progressivement sédentarisés pour faciliter l’accès aux services sociaux de base mais également pour améliorer la santé des troupeaux. La création d’organisations professionnelles accompagne ce mouvement de sédentarisation et permet aux éleveurs de renforcer leur légitimité pour discuter de leurs problèmes avec les autres acteurs locaux. De plus, auparavant, l’absence d’organisation permettait à l’Etat de penser le développement de l’élevage sans concertation avec les principaux acteurs de la filière.

Depuis 2002, l’Union Départementale des Organisations Professionnelles des Eleveurs de Ruminants (UDOPER) est la première organisation représentative des éleveurs. Cette organisation a d’abord travaillé sur 6 communes à travers l’appui d’un programme sur financement européen mis en oeuvre par l’Afdi entre 2004 et 2007 et le soutien d’un financement Agricord en 2007 (projet 4847). Ces deux programmes d'appui ont apporté un appui décisif à cette organisation.

Grâce à un ancrage social très fort et à des activités socioprofessionnelles très ciblées (alphabétisation, campagne de vaccination, délimitation de couloirs de passage, etc.) l’UDOPER est progressivement devenue le premier interlocuteur des autorités centrales sur les questions d’élevage dans le Nord du Bénin. Cette reconnaissance institutionnelle s’est accompagnée d’une importante demande des communes voisines pour que l’UDOPER étende son champ d’action à ces nouveaux territoires. 24 communes du Nord du Bénin se sont portées candidates soit plus de la moitié du territoire national.

Face à l’adhésion des nouvelles communes, et consciente du défi que représente le passage de 6 à 24 communes en termes de représentation et de services rendus aux membres, l’UDOPER a donné naissance en février 2007 à l’Association Nationale des Organisations Professionnelles des Eleveurs de Ruminants (ANOPER). L’ANOPER a décidé dans un premier temps d’apporter les services aux membres sur 15 des 24 communes d’ici 3 ans plutôt que de s’inscrire d’entrée sur les 24 communes membres.

La problématique centrale de l’ANOPER est d’être en capacité d’offrir ses services durablement sur une zone géographique de plus en plus grande.

Ainsi, l’ANOPER doit répondre à un triple défi :
1- Renforcer les services existants (vaccination, marchés autogérés, parcours de bétail...) de façon à asseoir la légitimité acquise ces dernières années
2- Développer une stratégie de viabilité à long terme à travers le développement de services économiques générateurs de bénéfices
3- Structurer l’organisation de façon à étendre ses activités sur 9 nouvelles communes

L’ANOPER a donc élaboré en 2007 son plan d’action en capitalisant les acquis de l’UDOPER et des services rendus aux membres. L’ANOPER a durant l’année écoulée mis en place des équipes fonctionnelles dans les 15 communes concernées. En 2007 toujours, l’ANOPER a porté une auto-évaluation de ces activités de façon à mieux appréhender les attentes des membres tout en tirant les leçons des expériences passées. Le présent projet est le résultat de ces travaux de réflexion sur la définition d’une stratégie de développement institutionnel, opérationnelle et pertinente au regard des attentes du milieu.

La clef de réussite de ce projet figure donc dans la capacité de l’ANOPER à développer puis gérer des services économiques en son sein.

Le projet est calibré pour que le transfert dans la prise en charge des coûts de structure soit progressif entre le financement d’Agricord et les bénéfices escomptés générés par le développement de ces services économiques.

2) Objectifs – Résultats et activités.
Objectif général :
Les éleveurs béninois voient leurs conditions de vie s'améliorer socialement avec une revalorisation de leur présence et économiquement avec l'augmentation de leurs revenus

Objectif spécifique :
L'ANOPER offre durablement ses services à la communauté des éleveurs du Bénin, notamment sur les 15 communes ciblées.

La valeur centrale de l’ANOPER réside dans son travail de représentation de la communauté des éleveurs que ce soit au niveau local ou national (R1).
L’ANOPER apporte également des services essentiels à la communauté des éleveurs sur les 15 communes ciblées (R2).
Aussi, pour que l’ANOPER poursuive ce travail durablement, deux opérations doivent être menées de front :
- D’une part, l’ANOPER doit être en mesure d’autofinancer une bonne partie des services qu’elle offre sur sa zone d’intervention. Pour cela, l’ANOPER va s’engager dans la mise en place d’activités économiques rémunératrices. Ces activités doivent indirectement apporter un appui à la filière élevage : R3.
- D’autre part, l’ANOPER doit se désengager de certaines charges tout en assurant la continuité des services mis en place. Il s’agit ici d’accompagner les UCOPER pour qu’elles assument progressivement les 30 animateurs communaux à travers un recouvrement des cotisations et la mise en place de magasins vétérinaires : R4. Un plan de transfert a été établi.

Résultats et activités :
- Résultat 1 : L'ANOPER organise la défense des intérêts de la communauté des éleveurs sur la scène nationale.

L'ANOPER comble un vide important de représentation de la communauté des éleveurs. Ces derniers, au-delà de leur activité professionnelle, valorisent l’ANOPER à des fins communautaires et de dialogue avec les autres groupes composant la population.
Il est donc essentiel que cette OP poursuive ce travail de dialogue et de représentation afin que les besoins des éleveurs soient pris en compte dans l'élaboration des politiques sectorielles au niveau communal, départemental et national.

Les activités liées à ce résultat :
Renforcer la représentation au niveau national
Renforcer l'équipe technique de l'ANOPER (coordinateur, commercial et staff administratif et financier)

- Résultat 2 : Sur les 15 communes ciblées, l'ANOPER dispense les services socioprofessionnels qui ont bâti sa notoriété.

L’ANOPER a bâti son assise sociale et professionnelle en développant des services très appréciés par la communauté des éleveurs. La mise en place puis la promotion des marchés à bétail autogérés, l’organisation des campagnes de vaccination en lien avec les services techniques de l’Etat voire l’organisation de sessions d’alphabétisation et de formations techniques sont plébiscitées par les éleveurs. La délimitation des couloirs de passage des troupeaux est aussi très appréciée car cela limite les conflits avec les agriculteurs mais également parce que ces temps sont l’occasion d’améliorer la participation de la communauté des éleveurs dans la vie des communes.
L’ensemble de ces services constitue la base de l’expérience et du savoir-faire de l’ANOPER. Il s’agit de donner les moyens à l’ANOPER de prolonger son action sur les 15 communes.

Les activités liées à ce résultat :
Organiser les campagnes de vaccination en collaboration avec les services de l'Etat
Sensibiliser les éleveurs sur l'intérêt de la vaccination
Défendre les intérêts des éleveurs et assurer la médiation dans la résolution des conflits
Coordonner les opérations de délimitation de couloirs de passage en lien avec les communes
Organiser et suivre la mise en place de sessions d'alphabétisation dans les groupements
Apporter un appui conseil en matière de technique d’élevage aux membres des groupements et UCOPER
Promouvoir les marchés à bétail autogérés dans toutes les UCOPER
Organiser et suivre des formations techniques financées par le Fodefca

- Résultat 3 : L'ANOPER assure son autofinancement à hauteur de 70 % grâce au lancement d'activités économiques rémunératrices.

L'ANOPER met en place une opération de commercialisation groupée de bétail vers le Nigéria et le marché national ainsi qu’un service d’achat groupé d’aliments bétail sur la base de commandes fermes.
Les services seront lancés progressivement sur les 3 années, notamment en volume pour l’opération de commercialisation (troupeaux de 40 têtes en année 1 avec 4 rotations, de 80 têtes en année 2 et de 125 en année 3 avec 6 rotations) et dans le temps pour les aliments bétail (lancement de cet atelier en année 2).
Les comptes d’exploitation prévisionnels de ces activités indiquent qu’un objectif d’autofinancement à 70% de la structure ANOPER est raisonnablement atteignable au sortir du projet.

Les activités liées à ce résultat :
Organiser des missions d'identification de marchés dans les pays voisins pour la commercialisation groupée
Coordonner les opérations de rassemblement du troupeau puis de transport et finalement de vente des animaux.
Contractualiser avec les fournisseurs d'intrants alimentaires
Organiser les opérations d'achat, de transport et de stockage
Suivre les opérations de commande et d'achat par les particuliers des aliments bétail

- Résultat 4 : La répartition des tâches entre l'ANOPER et les UCOPER est conforme au principe de subsidiarité

L’ANOPER a accompagné la mise en place puis la consolidation des Unions communales des Organisations Professionnelles des Eleveurs de Ruminants (UCOPER). Dans le même temps, l’ANOPER doit répondre à des demandes de plus en plus nombreuses. Ainsi, pour assurer la pérennité du système, il est pertinent de déléguer certaines responsabilités et charges liées aux UCOPER. Les UCOPER sont correctement structurées et justifient d’une vie associative. Ce sont les UCOPER qui collectent les cotisations auprès des membres (certaines UCOPER comptent déjà plus de 500 cotisants).
Pour compléter les ressources financières des UCOPER tout en leur permettant d’asseoir leur assise locale, le projet accompagne le lancement de magasins vétérinaires dans chaque commune, soit 13 nouveaux magasins à partir du moment où 2 sont déjà en place. La mise en place de ces magasins se fera en 2 temps avec 5 établissements au lancement du projet puis 8 autres quelques mois plus tard. L’accompagnement se fera sur 3 mois avant la prise en charge totale par l’UCOPER. Ces magasins seront gérés par un technicien agréé. Les médicaments seront commandés à la centrale à laquelle l'ANOPER adhère (achat groupé via l’ANOPER).

Les comptes d’exploitation prévisionnels de ces magasins et les perspectives de ressources au niveau des cotisations et des marchés à bétail indiquent que les UCOPER seront en capacité d’assumer pleinement les animateurs communaux.
Pour autant, le transfert de ces animateurs se fera progressivement sur les 3 années selon la progression des ressources propres des UCOPER. En année 2 : 12 animateurs seront transférés et 24 en année 3. Les 30 animateurs communaux seront à la charge des UCOPER à la fin du projet.

Les activités liées à ce résultat :
Créer l'UDOPER Atacora
Appuyer la création / enregistrement de nouveaux groupements
Poursuivre les réunions de coordination avec les animateurs
Mettre en place des tournées de suivi des activités par le staff de l'ANOPER
Mettre en place un système de recensement et de récupération des cotisations au niveau de toutes les communes
Lancer 13 nouveaux magasins vétérinaires au niveau des UCOPER
Coordonner la gestion des magasins et notamment des renouvellements de stocks groupés par le technicien en santé animale de l’ANOPER.

3) Budget et plan de financement
L’ensemble de l’activité de l’OP sur 3 ans se monte à 481183 € et 177715 € en 2008.
Le plan de financement sur 3 ans donne : 56% à Agricord, 30% pour l'OP bénéficiaire, 14% pour Afdi et autres financements.
Le montant de la subvention sollicitée à Agricord s’élève à 242766 € sur 3 ans pour l’OP.

4) Suivi évaluation
Le suivi mesurera la progression de l’autofinancement à travers les objectifs fixés à partir des comptes d’exploitation prévisionnels pour chaque service économique. Des objectifs en terme de transfert de charge seront fixés par an. Les marges escomptées sont des indicateurs en soi et l’évaluation de leur degré de réalisation constitue une source de vérification cohérente.

Sur les trois années, le rapport entre les charges annuelles de fonctionnement de l’ANOPER et les bénéfices annuels générés par les ateliers économiques de l’ANOPER indique un objectif d’autofinancement atteignable de 70 % au sortir du projet.

Concernant les services communautaires, différents indicateurs peuvent être retenus, mais les objectifs à atteindre restent à déterminer :
- Pour la vaccination : le taux de présentation des animaux lors des campagnes et le taux de couverture vaccinale.
- Pour les couloirs de transhumance : le nombre de kilomètre de couloirs réalisé
- Pour les formations : le nombre de personnes formées
- Pour l’alphabétisation : le nombre de personnes alphabétisées

5) Durabilité
L’ensemble du projet répond à cet objectif de durabilité économique des services développés depuis quelques années par l’ANOPER.
La viabilité institutionnelle est en très grande partie garantie par l’ancrage social très fort de la structure ANOPER.
La viabilité organisationnelle est également un objectif central de l’action à travers le rééquilibrage opéré entre la structure nationale qui reste mobilisée sur des services transversaux (de conception, de représentation, de technicité, etc.) et les structures communales qui se chargent progressivement des activités au niveau communal suivant en cela le principe de subsidiarité.

En ce qui concerne les activités à vocation socioprofessionnelle, l’expérience a montré qu’en dehors de coûts de structure et des charges liées aux équipes de l’ANOPER, aucun autre frais n’était nécessaire. De plus, ce sont souvent les bénéficiaires directs voire les communes qui assument les quelques frais occasionnés.
GOALS